HÉMIPTÈRES
L'ordre des HÉMIPTÈRES est important avec environ 8.000 espèces observées en Europe, dont environ 3.700 espèces en France… et près de 100.500 espèces dans le monde.
Une très grande diversité s’observe au sein de cet ordre, caractérisé par un appareil buccal de type piqueur-suceur, enfermé dans un rostre, et qui aspire les sucs des plantes ou des proies animales.
Au repos, ce rostre est replié à plat sous le corps de l’insecte.
Rostre en action chez cette larve prédatrice de Nabide-fourmi (
Himacerus mirmicoides) - Nabidae
Rostre au repos pour cette Punaise de la Jusquiame (
Corizus hyoscyami) - Rhopalidae
Gros-plan sur le départ du rostre d'une larve, derrière des graines de persil, de Punaise arlequin (
Graphosoma italicum) - Pentatomidae
La plupart des espèces sont pourvues de 2 paires d’ailes ; les ailes antérieures sont plus ou moins coriaces et rigides.
Des ailes qui peuvent être soit bien développées (individu macroptères), soit courtes (individu brachyptère) ou même vestigiales (individu microptère). Une différence de taille se constate parfois entre femelle et mâle d’une même espèce.
L’ordre des
HÉMIPTÈRES est divisé en 4 sous-ordres :
- les HÉTÉROPTÈRES (punaises)
- les CICADOMORPHES (cercopes, cicadelles, cigales...)
- les FULGOROMORPHES (fulgores)
- les STERNORRHYNCHES (aleurodes, cochenilles, pucerons, psylles)
CYCLE BIOLOGIQUE
Les Hémiptères sont des insectes
Hétérométaboles, c'est-à-dire à métamorphose incomplète :
-
sans stade nymphal immobile,
- les jeunes sont appelés larves, jeunes ou juvéniles, ils sont très similaires aux adultes et ont la même nourriture.
Exemple d'un Hétéroptère : Punaise verte
(Palomena prasina) - Pentatomidae
L'ACCOUPLEMENT : C'est en général la position opposée qui est la règle, sauf chez les Gerridae et Reduviidae où c'est la position superposée.
Exemples :
Stagonomus venustissimus et
Graphosoma italicum - Pentatomidae
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Sous-ordre HÉTÉROPTÈRES : Punaises
Environ 1.360 espèces connues en France métropolitaine.
Les Hétéroptères, du gec "
heteros" autre, différent, et "
pterón" aile, sont pourvus d'ailes antérieures appelées
hémélytres, avec généralement une partie basale rigide et coriace, la corie, et l'autre partie fine et membraneuse, la membrane, ailes antérieures qui sont différentes des ailes postérieures entièrement membraneuses.
Exemple : Punaise de l'Aubépine (
Acanthosoma haemorrhoidale) - Acanthosomatidae
Les Punaises (du latin "
putinasius" "qui sent mauvais") sont peu appréciées, ayant la réputation de puer quant on les écrase ; pourtant l’immense majorité des espèces est inodore.
Trois exemples dans trois familles.
Coreidae - Corée marginée (
Coreus marginatus)
Pentatomidae - Punaise nébuleuse (
Rhaphigaster nebulosa)
Miridae - (
Lygus cf pratensis)
Les PATTES
Question de praticité, l'usage est de numéroter les pattes 1, 2 et 3 en partant des pattes antérieures, ainsi que les parties qui les constituent (coxa, trochanter, fémur, tibia, tarse).
Des détails concernant les Pattes des insectes ci-dessus dans les messages
Anatomie des Coléoptères et
des Diptères.
Les punaises ont généralement des pattes avec des tarses de 2 ou 3 articles, plus rarement d'un seul article.
Exemple : Punaise nébuleuse
(Rhaphigaster nebulosa) - Pentatomidae
Les pattes savent aussi s'adapter aux moeurs de certaines espèces, comme ces punaises aquatiques.
Ici une Notonecte (Notonectidae) a des pattes postérieures adaptées à la nage, comme des "rames".
Et là une Nèpe (Neptidae) a des pattes antérieures ravisseuses pour attraper ses proies, alors que ses pattes postérieures lui servent à marcher sous l'eau sur le sol du cours d'eau.
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Sous-ordre CICADOMORPHES : Cercopes, cicadelles, cigales...
CERCOPES et APHROPHORES
Très bons "sauteurs", les
Cercopes et
Aphrophores ont des ailes antérieures coriaces qui, au repos, sont " en toit ".
Exemple : Cercope sanguin
(Cercopis vulnerata) – Cercopidae
Cercope de l’Aulne
(Aphrophora alni) – Aphrophoridae
Les larves de la plupart des espèces sécrètent un amas d’écume dit spumeux à l’abri duquel elles se développent, appelé communément « crachat de coucou ».
NOTA : Le nom vernaculaire de Cercope est utilisé aussi bien pour nommer des Aphrophoridae que des Cercopidae, comme c'est le cas ci-dessus pour les Cercopes de l'Aulne et sanguin.
Du fait de leur ressemblance avec les Cicadellidae, par extension on les retrouve aussi parfois sous l'appellation qui prête à confusion de Cicadelle (Cicadelle écumeuse, Cicadelle de l'aulne, etc).
CICADELLES
Les
Cicadelles ont aussi souvent des ailes antérieures coriaces et se distinguent à leurs tibias postérieurs à section prismatique munis de nombreuses épines mobiles.
Cicadelle verte (
Cicadella viridis) - Cicadellidae
CIGALES
En France métropolitaine, 24 espèces de Cigales étaient connues en 2017.
Seuls Cicadomorphes incapables de sauter, les Cigales sont de grande ou moyenne taille, aux ailes généralement transparentes et brillantes.
On retrouve la position au repos avec les ailes en "toit"...
Cigale grise
(Cicada orni) - Cicadidae
...et cette face typique
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Sous-ordre FULGOROMORPHES : fulgores
Les
Fulgores se caractérisent par :
- l’insertion de leurs antennes sous les yeux
- la petite écaille, ou tegula, qui recouvre l’insertion des ailes antérieures sur le thorax
- une arête tranchante qui sépare le front des yeux.
Souvent les élytres sont presque transparents.
En images sur deux Cixiidae et un zoom sur le front d'un Issidae.
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Sous-ordre STERNORRHYNCHES : pucerons, psylles, cochenilles...
PUCERONS
On en connaît plus de 4.000 espèces, essentiellement des régions tempérées.
Pour identifier les pucerons il faut connaître la ou les plantes hôtes ce qui permet de réduire de façon considérable le nombre d'espèces.
La
biologie des pucerons est complexe. Ils produisent différentes formes. L'œuf fécondé qui a hiberné donne naissance à une larve qui se développe en plusieurs stades (4 pour la plupart) jusqu'à devenir un insecte adulte. Ce sont les fondatrices d'une colonie. Ils sont vivipares et créent très rapidement en plusieurs générations une colonie de clones.
Lorsque la nourriture se fait rare, des individus ailés apparaissent, capables de chercher d'autres sources de nourriture.
Soit ils cherchent une autre plante de la même espèce ou du même genre, soit ils créent sur une espèce complètement différente une deuxième colonie, dont les individus peuvent être morphologiquement très différents de ceux de la première.
La parthénogenèse est la règle avec une génération sexuée à la fin de l'été dont les femelles sont ovipares.
Dans les régions plus chaudes, certaines espèces se reproduisent exclusivement par parthénogenèse (Dans une espèce sexuée, reproduction sans fécondation (sans mâle)).
Plusieurs espèces cohabitent avec des fourmis. Il s'agit d'un type de symbiose qu'on appelle le mutualisme. Les fourmis en profitent par la récolte du miellat (excrétions des pucerons riche en sucre), et les pucerons en profitent par la réduction des insectes aphidiphages, comme les larves de coccinelles, syrphes et chrysopes.
Pour en apprendre davantage sur les Pucerons, le site Encyclop'Aphid par exemple.
Adulte aptère
Adulte ailé
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